De l’or au bout des doigts

Je commence ce tirage-ci par une anecdote. Il y a dans la jolie petite ville maritime d’Honfleur une boutique de cristaux très accueillante où je me suis rendue à chacune de mes visites là-bas. J’y étais pas plus tard que la semaine dernière. J’étais attirée par toutes les pierres qui miroitaient, qui brillaient, qui recelaient des petites particules dorées ou des reflets nacrés. J’ai été inspirée par une boule de fuschite tout à fait splendide et puis par une autre pierre dont je ne possédais encore aucun échantillon : la pyrite.

C’est une pierre extrêmement brillante qui ressemble à de l’or. C’est ce à quoi je l’ai immédiatement associée. Je me suis dit que la regarder me permettrait de me rappeler qu’il y a des choses précieuses dans ma vie, qu’elle en serait la métaphore minérale et matérielle surtout. « Ce n’est pas de l’or véritable », me direz-vous, « ça n’a pas la même valeur ». Certes, mais, à moi, ça me suffit : lorsque je pose les yeux sur ses angles brillants, je me sens reconnaissante et joyeuse. Je crois que la valeur qu’ont les choses, c’est celle qu’on leur accorde.

La première carte qui est sortie pour ce tirage collectif a un rapport avec cette anecdote. C’est la carte de la « prospérité paisible » dans l’Oracle de la guérison angélique d’Alana Fairchild. La carte ressemble un peu à ma pyrite en fait ! Je vous invite à prendre une inspiration profonde, et à regarder la carte, sans faire le focus. Laissez-vous envahir par l’image et ce qu’elle vous fait ressentir. Formulez de la gratitude pour une chose qui vous fait prendre conscience dans votre vie de cette prospérité paisible, aussi infime soit elle aux yeux des autres.

Le sentiment d’abondance et de richesse est intrinsèquement lié à celui de la joie. D’après moi, ressentir de la joie, c’est s’oublier si profondément dans l’instant présent que l’on se dit « là tout de suite, j’ai tout ce qu’il me faut ». « J’arrive pas à en croire mes yeux : j’existe. » Mais parfois nos peurs nous empêchent d’accéder à ce sentiment. Peut-être êtes-vous en ce moment même dans une période de votre vie ou rationnellement, vous avez tout ce qu’il vous faut : un toit au-dessus de votre tête, de l’eau, de la nourriture, des gens qui vous aiment, mais vous n’arrivez pourtant pas à ressentir de la joie. Mais qu’est-ce qui vous en empêche ? Nous allons le demander au tarot.

Tarot des Anges, Doreen Virtue & Radleigh Valentine

Vous n’y voyez pas clair. Vous êtes obnubilés par un rêve, un objectif, une vision que vous tenez pour inatteignable, qui vous empêche de voir tout ce que vous avez déjà construit autour de vous et qui vous donne l’impression de stagner. Le personnage sur le 4 de terre ou de pentacles s’accroche au maigre butin qu’il a mis longtemps à amasser, il est pétrifié à l’idée de le dépenser en pariant sur le mauvais cheval, quand bien même ce cheval serait lui-même… Vous avez peur de perdre le peu que vous avez en croyant que ce rêve que vous tenez à distance, c’est la réalité et en investissant votre argent, mais aussi votre espoir dedans.

Réaliser ses rêves, ça demande de prendre des risques, d’aller de l’avant, d’affronter ses peurs. Mais rappelez-vous que vos peurs sont plus illusoires que vos rêves. Que de ne rien faire parce qu’on a peur de manquer, de se blesser ou d’être blessé, c’est aussi prendre un risque, bien plus certain d’ailleurs que celui d’essayer. Les anges vous encouragent à ne pas croire en vos peurs, mais à croire en vos rêves. Les peurs sont invisibles et intangibles. Dès qu’on les confronte, elles s’évanouissent, comme si elles n’avaient jamais existé. Elles paraissent si proches de nous qu’elles nous étouffent et pourtant elles sont infiniment loin. Elles n’existent que parce que nous leur en donnons le droit. En réalité, je crois que nos peurs sont des guides, qui éclairent tous les chemins que nous devons prendre, comme le bâton de feu du chevalier.

Nos peurs, nos blocages sont ce qui, en nous, a besoin de plus d’amour. En allant vers ce que l’on craint avec amour, on le désarme et la joie que l’on ressent lorsqu’on accomplit quelque-chose dont on s’est convaincu qu’elle est impossible n’a pas son pareil. Voilà comment retrouver la joie : les choses n’ont de valeur que celle qu’on leur accorde. Les peurs sont des occasions à saisir de renforcer notre confiance en nous, en l’univers, en la vie. Ce sont des guides vers nos rêves, que l’on peut choisir de réconforter, de cajoler, d’aimer pour qu’elles nous propulsent en avant, un peu plus près de qui l’on est réellement.

Trouvez-vous une pyrite, ou un equivalent. Un petit quelque-chose de matériel, que vous pouvez tenir entre vos doigts et qui vous fasse penser « j’ai tout ce qu’il me faut », « j’ai de l’or au bout des doigts ». Tout ce que vous désirez existe en même temps que vous et dans le même monde que vous. Vous êtes les seuls à pouvoir vous convaincre que ce n’est pas le cas.

Je vous laisse avec la dernière carte à être sortie du paquet, l’Etoile.

J’adore la carte de l’Etoile parce que c’est celle qui vient juste après la Tour ou la Maison-Dieu. C’est le réalignement, l’accord plus pur entre nous et l’univers, nous et notre vraie nature, après l’effondrement de tout ce qu’on croyait être vrai. Ce qu’il reste nu de nous quand nous retirons comme des habits qui nous calfeutrent nos pensées limitantes, l’opinion que les autres ont de nous, les plafonds de verre que la société élève au-dessus de nos têtes. Ce qu’il reste quand on est plus que nous-même et qui n’est autre qu’une étoile.

« Il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. » – Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

Maurine ♡

Laisser un commentaire